Phyto-épuration

 

L’épuration des eaux par les plantes est le meilleur moyen de traiter les eaux de maison parce que les plantes sont les seules à avoir un bilan écologique positif. Les différents systèmes sont encore peu acceptés par les organismes de contrôle, malgré les performances très intéressantes des systèmes lorsqu’ils sont bien conçus.

 

(informations en bas de page)

Une mini-phyto

À VENIR EN 2017

Montage d’une phyto-épuration dimensionnée pour 5 personnes en moyenne, bassin de lagunage et jardin d’eau

(Projet personnel)

Les normes de traitement des eaux par les plantes font l’objet de certificats légaux et indispensables à toute installation. Les informations de cette page sont données à titre purement indicatif et personnel. Elles découlent de mon expérience, et ne pourront jamais être utilisées pour justifier une installation devant les institutions.

Dans la pratique

En plus de traiter les eaux, la phytoépuration a un intérêt simplement esthétique qui n’est pas à négliger. Les plantes dont je parle en fin de page sont les plus essentielles dans la fonction épuratrice, mais rien de vous empêche d’agrémenter les bassins d’autres plantes plus purement esthétiques, de concevoir des petites cascades d’eau, vasques de dynamisation, et autre travail volumétrique qui seront autant de support à de nouvelles plantes aimant la proximité avec l’eau. Le dernier bassin peut aussi permettre de faire pousser des plantes d’eau comestibles comme la châtaigne d’eau, les laitues d’eau, le souchet ou massette dans une lagune etc…

Il y a différentes sources de documentation concernant les phyto-épurations. Je citerai seulement à titre indicatif des recherches de la NASA sur les plantes épuratrices de l’eau dont j’avais vu les parutions il y a quelques années.
Elles ont conclu qu’une certaine espèce d’iris à racines très développées étaient capables de traiter 99% des agents pathogènes présents dans l’eau…

 

LE DIMENSIONNEMENT de l’installation est primordial. La première colonne d’images montre une mini-phyto capable de traiter de l’eau en appoint, et pour un usage non régulier. Elle permet une mise en place très rapide (3h en tout) pour se laisser le temps de monter un système adapté à l’usage d’un lieu de manière durable.
Trop petit et l’installation sera vite dépassée et malsaine. Trop grande et le milieu ne sera pas capable de développer suffisamment de bactéries pour traiter l’eau.
Si vous ne traitez que les eaux grises, il est préconisé un demi mètre carré par personne sur la totalité de l’installation (3 bacs minimum). Si vous traitez les eaux vannes (avec les toilettes), il est conseillé un mètre carré par personne sur la totalité, et de créer un bac préalable sous une mini serre pour chauffer l’eau et dynamiser les bactéries. Pensez à dimensionner l’installation en prévoyant les variations d’usage à court et moyen terme. Il est possible par exemple de séparer le premier bac en deux et de les alimenter en alternance de sorte à ne pas engorger un bac lors d’un usage ponctuel plus important.

FILTRE À PAILLE : Le système de phytoépuration doit être précédé d’un pré-filtre (filtre à paille par exemple) pour retenir toutes les particules grossières et éviter un engorgement trop rapide des bacs de traitement. Cette paille ira alimenter le compost tous les 15 jours ou moins selon votre utilisation.
Le but étant de réaliser des bassins successifs, on essaiera de créer un ensemble de plantes complémentaires par étapes : les « jonc diffus » dans le premier bassin pour une première filtration grossière (trouvez ceux là sur n’importe quel plant d’eau), des « iris » dans le second bac (attention, les iris sauvages n’ont presque pas de racine et n’offrent pas une bonne qualité de filtration), et des plantes aquatiques oxygénantes type « pesse vulgaire » et à huile essentielle type menthe aquatique pour assainir le milieu.

LES TROIS BASSINS seront successivement de plus en plus « en eau ». C’est à dire que dans le premier bac, les joncs doivent avoir les racines dans l’eau uniquement. Le substrat est au dessus du niveau de l’eau (donc de l’évacuation vers le bassin suivant). Ils ne se plairont pas si l’eau est trop haute.
Dans le deuxième bassin, l’eau doit surnager au dessus du substrat pour les iris.
Et le troisième bassin est un bassin d’eau, ou avec une lagune partielle comme surface tampon supplémentaire avec une réserve d’eau plus profonde pour permettre aux plantes type pesse vulgaire et menthe aquatique d’assainir le milieu. Ce dernier bassin peut être muni d’une mini pompe avec vasques de dynamisation pour augmenter la vie dans l’eau. On veillera également à y mettre des petits poissons de bassin et attirer la faune aquatique locale pour équilibrer la population de moustiques notamment.

LE SUBSTRAT est aussi très important. La chose qui importe le plus dans le choix du substrat est qu’il soit micro-poreux. La raison se trouve dans le fonctionnement même de la phyto-épuration : ce qui joue un rôle épurateur, c’est l’activité bactérienne (microbienne) supportée par les racines des plantes aquatiques. Le substrat va jouer un rôle de niche à bactérie. Cela peut être du granite concassé, du gravier, de la pouzzolane, ou du charbon de bois par exemple. Ces matériaux vont permettre à la microfaune de se développer.
Aussi, il est important de penser à l’action filtrante des particules de substrat. Qu’on choisisse une phyto à filtre horizontal ou vertical, il est important de choisir la granulométrie du substrat pour agir tel un filtre à particules présentes dans l’eau. En étant retenues, ces particules seront digérées par les bactéries pour être assimilables par les plantes. Il faut donc que l’eau passe successivement par des épaisseurs de substrat du plus grossier au plus fin avant de passer au bac suivant et recommencer.